Après l’orage

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(CCO)

Ce matin, un homme armé est entré dans mon école après avoir tué deux policières et un étudiant.

Vous raconter la tourmente, les idées qui nous ont traversé l’esprit a peu d’intérêt : il n’y a que dans les romans que l’on vit de tels moments avec héroïsme et qu’après coup que l’on élabore une pensée un peu plus complexe que « je rassure les élèves », « j’emprunte le couloir du fond », « je les recompte une douzième fois »…

Ce qui compte, au fond, c’est ce qu’on fait après l’orage.

Après l’orage

Après l’orage, j’ai jeté mon dévolu sur une pile de travaux d’élèves et je les ai corrigés avant d’envoyer les résultats aux intéressés. Je l’ai fait, pas tant pour oublier l’orage que porté par la conviction que c’est précisément dans de tels moments qu’il faut se montrer roseau plutôt que chêne. Comme les étudiants, nous avons été secoués, rien ne sert de le nier, mais les pieds dans la boue, nous relevons la tête et leur montrons que le tonnerre s’éloigne déjà et qu’il faut recommencer à planter nos racines profondément dans l’éducation, cette terre argileuse qui ne craint pas la pluie.

Après l’orage

Après l’orage, je suis rentré chez moi et j’ai nourri mon fils de six mois. Je l’ai regardé intensément manger ses cuillères de panade et s’en mettre plein le visage. Dans ses yeux, l’orage était loin et il m’a convaincu, du haut de sa si courte existence, que cultiver l’innocence était le meilleur moyen d’envoyer valser ceux qui voudraient tatouer l’inquiétude sur nos tempes. Les barbares auront beau rafler la naïveté comme la grêle mord les jeunes pousses, il nous reste en terre des monceaux de graines d’innocence prêtes à germer, rappelant aux blessés, aux cassés, aux estropiés, qu’il y a une vie après l’orage.

Après l’orage

Après l’orage, j’ai filé dans mon potager. Les trombes d’eau avaient fait naître des hordes de mauvaises herbes, qui comme la haine, la peur et le repli, empêchaient mes salades, mon fenouil et mes fraises de croître librement. Alors, avec l’opiniâtreté du jardinier qui sait que sa tâche est sans cesse à recommencer, avec l’invincible optimisme du cultivateur qui pense à sa récolte, j’ai bêché. Bêché sachant qu’il viendrait encore des orages, bêché sachant que reviendraient les mauvaises herbes mais bêché sachant que tant que nous serons là pour penser à cultiver, alors aucune intempérie ne pourra nous faire douter de ce qui vient… après l’orage.

(CCO) Après l’orage…

116 réflexions sur “Après l’orage

  1. Votre texte m’a fait beaucoup de bien. Je me suis sentis très éloigné de ce qu’on a vécu tantôt mais ici… ben je ressens l’empathie des familles des victimes et je commence à étouffer alors ce texte m’a rappelé que je vais mettre une distance entre cet événement et ma vie. Merci beaucoup

    1. Super, Léna : ) Merci pour ce commentaire si mûr… Murs à faire tomber, mûres sauvages à cueillir la saison venue… Big bisous et à bientôt…

    2. Bonjour.
      Je travaille pas loin du Lycée et nous étions plongé dans cet orage, dans cette irréalité qui subitement nous a extirpé de notre quotidien.
      En même temps, un incendie s’était déclaré dans notre bâtiment; Nous n’avions pas du tout compris ce qui était en train de se passer.
      Ce jeudi, j’ai pris du recul, j’ai pensé à cette journée noire. Je me demande pourquoi la société va mal, pourquoi les êtres humains parfois sont prêts à tout détruire, car remplit de haine; c’est tout cela qui m’interpelle. En tant que maman, je vous envoie toute ma tendresse.
      Juste fermer l’école lorsqu’il le faut, quand tout le monde est en classe.
      Prenez du temps et un moment dans la nature et près de ceux que vous aimez et qui vous aime.

    3. Magnifique texte. Nous avons tous été secoués en tant que parents mais aussi en tant que prof dans d’autres établissements. Il faudra du temps pour panser les plaies. Il n’a par contre pas fallu beaucoup de temps pour que la haine s’installe. Les gens ont besoin d’avoir un exutoire et ils l’on trouvé sans chercher trop loin…

    4. Merci pour ce magnifique texte qui nous rappelle que la culture, l’education et la tendresse sont les meilleurs remparts contre l’ignorance et la barbarie! Vous faites honneur à votre métier. Toutes nos pensées aux familles des victimes et aux personnes ébranlées par cette horreur

  2. Car un professeur est un jardinier de l’intelligence humaine,
    Et que c’est ainsi grâce à vous qu’on apprend à se relever après les multiples orages que nous réserve la vie,
    Merci

    1. C’est magnifique le cadeau que vous venez de faire à vos professeurs, et à tous les enseignants.
      Je suis retraitée de l’enseignement et votre message m’émeut énormément.
      Merci mille fois !!!!!!

  3. C’est beau! Vous permettez de voir les choses dans une autre perspective et ainsi permettre de rassurer les plus marqués d’entre nous qui ont besoin de tourner la page!

  4. Votre texte est très et tellement universel. Je me demande justement si ce n’est pas ça le plus triste. Qu’y a-t-il de pire que vivre une horreur telle que celle de ce matin? C’est que chaque individu sur Terre soit amener à la connaître.
    Maintenant nous sommes tous après l’orage, à tenter de trouver un moyen de passer à autre chose. Pas oublier, non, loin de là justement. Passer à autre chose c’est tellement y penser qu’on se force à voir ailleurs. Cette tentative désespérée de trouver l’espoir.
    Merci pour votre texte juste, beau et spontané.
    Wissem MEKAOUI, élève de rhéto au DIC Collège

  5. C’est magique de pouvoir, avec maîtrise, mettre des mots pour expliquer comment avancer dans les périodes sombres.

    Merci pour nous, ceux qui en ont besoin, sans nécessairement pouvoir le faire

  6. Cher Tanguy,

    Merci pour ce texte fort mais tellement délicat, véritable éclaircie après la tempête. Un bel outil pour lutter contre l’extrémisme violent et les sentiments de vengeance sur les réseaux sociaux.

    Yves Janssens
    Ambassade de Belgique
    Islamabad – Pakistan

  7. Magnifique Tanguy.
    Ton texte est rempli d’espoir et de sagesse. Je sais encore mieux pourquoi je vais me lever ce matin pour rejoindre mes classes et essayer d’y être un bon jardinier.
    Merci

  8. Merci pour ce message d’espoir Tanguy. (Je ne savais pas que tu avais la main verte en plus d’avoir une belle plume). On va continuer à bien la vivre cette vie, on se serrera les coudes aussi. Ton texte m’a fait du bien.

  9. Quel beau texte Tanguy! Tu as su trouver les mots qui m’ont manqué en apprenant cette triste nouvelle! La vie doit continuer. La peur ne peut pas gagner.

  10. Merci pour ce très beau texte, porteur d’espoir et d’humanité…
    Des plantes cultivées, on fait des baumes… Et vos paroles sont aussi un baume, pour le coeur. Continuez à cultiver cet amour de la vie, et à amener les élèves à le cultiver aussi.

  11. Je ne sais que dire après avoir lu votre texte. Comme dit plus haut, vous avez réussi à mettre des mots (des mots justes) sur ce que l’on ressent.
    Aujourd’hui, je vais retourner dans ma classe de primaire et « jardiner »: c’est ce que nous devons faire pour changer les choses.
    Milles mercis encore une fois

  12. Merci pour votre démarche et pour votre poésie si concrète, Monsieur Tanguy…
    Je n’ai pas l’honneur de connaître…
    Seriez-vous le pote de Laverdure?
    J’espère ne point vous choquer avec ce jeu de mots… Mais l’humour peut aussi nous aider à reprendre le chemin de la Voiture (et je suis bien placée pour le dire, croyez-moi…).
    Je vous souhaite une très belle journée.
    La météo du jour est propice au jardinage…

  13. Merci Tanguy pour ce texte plein de sagesse. Je pense sincèrement que l’amour et l’éducation restent les armes les plus efficaces pour faire grandir et réfléchir nos jeunes pousses .

  14. MERCI pour vos mots délicats et justes.
    Ils transforment nos larmes de tristesse en larmes d’espoir.
    Je suis loin de vous géographiquement mais proche avec le Coeur.
    J’envoie mes pensées les plus fortes aux familles endeuillées.

  15. Salut Tanguy
    Ta plume m’émerveillera toujours.
    Les graines semées nous nourrissent, puissent tous les parents cultiver l’optimisme et la ténacité pour rendre la vie positive et savoureuse.

    Maman

  16. Merci Tanguy de nous rappeler que la Vie est mouvement, qu’elle est force, douceur, endurance, douleur, tristesse, peur et ignorance. Merci Tanguy d’être conscient d’être un « passeur » d’espoir, transmetteur du possible quelle que soit la violence de l' »orage ». Belle journée à vous et encore merci.

  17. De chez moi j’ai vécu cette tragique journée à travers les médias. Vers 16h30 mes enfants sont rentrés de l.ecoles nous avons débriefé. Le soir ciel gris orageux j’ai pleuré me sentant transpercée de ces âmes pures volées alors j’ai allumé ma bougie près de mon abre à âmes,abre de vie de Reiki et ma peine c’est allégée. L’orage reviendra peut-être mais ne prévoyons rien vivons dans le présent.
    Nathalie

  18. Simplement joli, comme le rayon de soleil…après l’orage.
    Aujourd’hui, le temps est au jardinage , merci de nous le rappeler.

    Nathalie, éducatrice à Liège

  19. Beau texte. Belles métaphores. Une magnifique façon de montrer aux jeunes qu’il faut toujours se relever après la chute. Avec l’espoir de renaître à une autre vie parce que si l’on n’oublie rien, on doit s’appuyer sur les fractures pour repartir. Courage à vous tous!

  20. Joli texte saisissant de justesse et delicatesse
    …Il n’y a que ça à faire effectivement. Semons les graines de l’éducation. Encore et encore. Et dégageons les mauvaises herbes qui étouffent nos jeunes pousses. Il finira bien par en rester quelque chose. Mettons-y comme engrais la curiosité, la culture, les valeurs de respect des autres et de soi, de bienveillance et d’empathie. Faisons mûrir les les plants grâce à la lecture, aux échanges avec l’autre et à la remise en question permanente de nos certitudes. Et aux delà de tout, une profusion d’amour… Il n’y a que comme ça qu’on peut espérer avoir une belle récolte qui a son tour donnera de jolis fruits…❤

  21. Un lien sur FB m’interpelle, pour une fois je clique et je découvre ce merveilleux texte.
    Merci pour cette sagesse partagée, merci pour cet espoir en la vie.

  22. Un texte peut réunir ceux qui se croient seuls simplement parce qu’ils sont isolés.
    Impassiblement, mais avec détermination face à la vague qui se dresse, nous avons plus qu’hier le devoir de ne pas céder aux sirènes du fatalisme noir, du découragement et de la colère. Trop de populistes tirent déjà les marrons du feu.
    Par nos attitudes quotidiennes, ouvertes et positives, travaillons (à notre infime échelle) à l’amélioration de la condition des hommes et de leur monde menacé.
    Avec Candide, reprenons la binette et allons cultiver notre jardin.

  23. Vous avez trouvé les mots justes et beaux du papa,de l’enseignant, de l’humaniste qui écrit avec son coeur. Merci pour cet arc-en-ciel après l’orage .

  24. Merci Tanguy pour ce témoignage et cette belle métaphore tout en nuances parce que, effectivement, comme tu le rappelles : « un monde sans espoir est irrespirable « . (Malraux)

    Véronique

  25. Je fais passer ce matin un examen écrit à une cinquantaine d’étudiants de Bac 2. L’ambiance est lourde et pourtant il faut se concentrer, eux, moi. A 13h, nous observerons ensemble une minute de silence, comme dans de nombreux lieux de la ville. Si vous le permettez, je souhaite leur transmettre à tous votre texte, pour qu’au-delà du silence il y ait aussi résilience.

      1. Je veux croire à tort et à travers que le meilleur est devant nous … Merci infiniment pour cette incroyable bienveillance qui rayonne de ton merveilleux texte ✨✨ Pour que chaque jour compte ✨

  26. Cher Tanguy, je me joins aux autres personnes qui soulignent la pertinence de ces encouragements et l’élégance du texte. Conditions élémentaires qui doivent aider à construire une réaction intelligente suite à ce dramatique « évènement météorologique ». Néanmoins, outre la sagesse d’acceptation et la détermination à supporter et vaincre les dégâts causés; il serait, je pense, judicieux d’en analyser les caractéristiques et incitations afin de créer un efficace plan d’action(s) en mesure de limiter les dégâts d’un orage plus que désagréable, inattendu et tragique pour certains .. Cordiales salutations, D.

  27. Comme pour l éducation! la tache c est sans cesse recommencer, de la viendra peut etre ( surement)la liberté retrouvée. Magnifiquement écrit

  28. Très beau texte, très juste et touchant… plein de bon sens et de jolis symboles.
    Valeureux liégeois nous resterons , et continuerons avec bravoure à cultiver un monde meilleur.

  29. Merci d’avoir mis des mots sur l’innommable, sur l’indicible. Après l’orage parfois vient l’arc-en-ciel, promesse que de l’ombre peut jaillir la lumière. Soyons cette lumière pour nos jeunes…

  30. « Cultiver l’innocence était le meilleur moyen d’envoyer valser ceux qui voudraient tatouer l’inquiétude sur nos tempes »
    Je vous suis sur toute la ligne et cette jolie phrase m’a marqué…
    Retour aux fondamentaux.

  31. Merci pour ce texte rassurant , délicat!! Au moment des faits, je suis en France et j’apprends ces horribles nouvelles par la télé !! Je suis écoeurée, révoltée !! J’envoie un message à mon fils pour me rassurer !! Liège, ma ville a été touchée une fois de plus, une fois de trop!! Je me dis que je suis impuisante devant toutes ces choses!! Ce texte m’a fait du bien comme un médicament qui calme une douleur intense!! Vivre, continuer, penser aux personnes aimées !! Merci

  32. J’aime écrire, Monsieur. Plus d’une fois, cela m’a permis de laisser sortir des émotions fortes et violentes, de trouver des mots justes, et ce matin, maman de jeunes dont une a le même âge que Cyril, je veux vous dire merci de permettre à distance une union humaine et digne bien qu’insuffisante pour sa famille et les familles des deux policières.
    Je lis les commentaires des jeunes (j’ai travaillé plus de 20 ans auprès d’enfants et de jeunes) et je suis formée à l’animation d’ateliers d’écriture notamment. S’il fallait en organiser l’un ou l’autre bénévolement bien sûr et pour aider ces jeunes, dites le moi…

  33. C’est abominable, ce qui s’est passè, en fait inqualifiable même.
    Si nous prenons un peu de recul et regardons un peu notre histoire, il y a trois quarts de siècle que nous n’avons plus eu de guerre chez nous, que nous n’avons plus connu de telles atrocités au quotidien.
    Malheureusement les plantes de paix, d’amour, de bonne volonté, d’entreaide et quelques autres (pour parodier un peu votre métaphore) n’ont pas encore recouvert tout l’espace, il reste quelques mauvaises herbes…
    Mauvaises herbes, quel drôle de mots: Les mêmes herbes qui dans la forêt nourrissent les biches, et dans le prés d’autres herbivores deviennent des mauvaises herbes dans le potager… Mais dans la pelouse qui peut-être entoure ce dernier, là aussi elles sont les bienvenues.
    C’est trop facile, après l’orage, de dire ce qu’il aurait fallu faire pour l’éviter, donc je ne le ferai pas.
    Juste peut-être encore un mots:
    Continuez tant que vous pouvez tous autant que vous êtes à cultiver de belles plantes, avec soins, il ne faut pas des roses partout, les poireaux et brocolis sont beaux aussi, dans le potager , les herbes dans la pelouse sont à leur place aussi…

  34. Merci d’avoir recréé, avec vos mots, une place dans mon coeur pour éloigner la haine et laisser germer une nouvelle graine d’amour. Je suis Maman avant tout, et j’ai l’espoir que l’éducation que nous donnons à nos enfants sera l’avenir pour un monde heureux et en paix. Prenez tous soin de vous et VIVEZ ! Namasté. +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

  35. C’est doux, tendre et délicat… merci beaucoup, j’espere que votre texte sera partagé un maximum, il livre un message UNIVERSEL

  36. Très loin de l’orage en me sentant tout aussi trempée par ce qu’il se passe « chez moi ».
    Cela fait du bien de lire une version différente et plus positive que celle diffusées pas les journaux télévisés.

    Siyabonga Nkosi (Merci monsieur)

  37. Le texte fait mal aux entrailles tant il sonne juste. Je m’accroche à l’idée que le monde n’est pas tout à fait moche, cependant. Pensons à ce Malien qui a escaladé 3 étages à l’extérieur pour sauver une gamine suspendue dans le vide….

  38. Après avoir lu ces mots sur ces maux, j’ai pour la 8 millième fois depuis hier les larmes aux yeux, mais ce ne sont pas les mêmes. Comme vous tous, je suis touchée d’avoir vu, au milieu de l’horreur, tant de jolies choses, comme ces fraises au milieu de tes mauvaises herbes. Tous ces mercis, toute cette solidarité, cet élan entre « frères humains », c’est ça que j’espère garder de la journée d’hier. ça, et le bonheur d’une bière partagée avec vous…
    Moi, aujourd’hui, j’ai eu envie de faire une salade de fruits, celle que j’aurais dû apporter au brunch. Te lire, vous lire tous, moi qui suis si peu présente virtuellement, aujourd’hui, j’en avais besoin.
    Merci à tous. Merci à notre élève de rhéto anonyme pour sa magnifique définition d’un métier parfois si dur, et pourtant tellement gratifiant. Hier, aujourd’hui, je suis très fière d’être prof. Ce sont des gens comme vous qui conservent ma foi en l’humanité.

  39. Merci Madame, j’ai été si émue en lisant votre magnifique texte, plein de poésie, d’amour, de réflexions, de justesses, de courage et d’exemple. Merci de m’avoir ouvert encore plus mon esprit et de l’avoir « cultivé » . Bravo et courage

  40. Pardon sur le message précédent où j’ai noté Madame,,,,, mais je crois que vous êtes un Monsieur, peu importe, mon commentaire reste le même

  41. Vous avez été de vrais héros. Merci pour votre implication dans leur éducation quotidienne. Merci d’etre de vrais modèles pour tous ces jeunes.

  42. Merci pour ce beau texte qui nous fait du bien!
    Moi perso, les mots me manquent après des évènements aussi brutaux et sauvages; vous arrivez à traduire vos sentiments en mots; une plume splendide!

  43. Merci Mon Sieur, et je le dis avec grand respect.
    Les mots vous sont naturellement Perles et leurs assemblage véritable Poésie.
    Merci pour ce partage apaisant – Merci pour ce cadeau discret et généreux.

  44. Cher Tanguy,

    Merci pour ces mots si justes pour décrire ces actes injustes. A nous maintenant d’assurer notre part du « travail » et de planter et faire germer ces graines d’espoir et de paix que votre texte nous a transmis.

    Vos mots d’espoir me confortent dans mon opinion que malgré tout ce mal qui ronge notre ère, il faut continuer à lutter et à aimer, car l’amour est toujours plus fort que la haine !

  45. Quel beau métier enseignant !!
    Et quelle chance de maîtriser la langue au point de pouvoir mettre les mots justes et universels sur un vécu dramatique et sur les émotions ressenties !

  46. Bravo pour, ce beau texte, Bravo pour être capable d’ausssi bien d’exprimer, ce que vous rescentez !…. et que beaucoup de personnes , dont moi , n’ont pas la capacité, d’exprimer, aussi poetiquement,Ce texte nous montre ,qu’il faut toujours croire , qu’aprés l’orage il y aura l’espoir …. Encore BRAVO….
    On peut aussi penser á ce jeune Malien , qui nous montre , que certaines personnes sont capables d’ actes Héroiques , ….

  47. Merci, Tanguy,
    pour cette force puisée dans ce qui est le plus important:
    l’amour des autres et le désir d’être au monde, ensemble.

  48. Il y a un an j’étais à 2m de la personne qui a tenté de faire exploser une bombe, gare centrale à Bruxelles. Je lui faisais face, debout juste à côté du monsieur dont on voit le vélo pliable. Une journée comme les autres s’achevait tranquillement, contemplation du tableau d’affichage des train…retard, changement de quai..21h40.
    Il arrive tranquillement, nous fait face sans nous regarder, son regard balai l’espace au-dessus de nos têtes, pousse son cri de guerre, et tente de faire exploser son bagage… du bruit, une onde de chaleur, comme à l’ouverture d’un four immense…puis je suis partie.
    Pas de peur, pas de panique, tout ce déroulait ds une sorte de slow movie.
    Dehors, c’etait le chaos! Sirènes, cris, courses en tout sens puis d’autres détonations. Mais je marchais loin, cherchant un moyen pr rentrer chez moi. J’avais besoin de voir mes enfants, ma maison. Pas de peur, ni de panique…juste viscéralement besoin de rejoindre mon nid.
    Je veux refuser de tout mon coeur la haine, la vie est trop courte pour la laisser polluer par de noires pensées. Et puisque vous jardinez, ainsi que je le fais moi-même (apparement avec moins de succès..), vous savez à quel point certaines plantes peuvent avoir des racines profondes, sournoises, et n’attendent qu’un moment d’inattention pour resurgir! Il en est ainsi de la haine. Pourtant en écrivant ceci j’en conçois de la honte de suggérer l’ortie et ses racines tentaculaires, comme élément de comparaison avec la haine… car contrairement à cette dernière, l’ortie nous offre tant de bienfaits.
    Je vous souhaite, Monsieur, une bien belle journée,
    Agnès

  49. Peut-être qu’elle est là la clé, celle de la connaissance. Peut-être que c’est ce qu’il faut enseigner a nos enfants, pouvoir plier comme un roseau et ensuite se redresser fière et droit.
    Peut-être que la naïveté a joué son rôle justement, de croire qu’un être supérieur et universel demande une telle chose n’est-il pas naïf?
    Nous pourrions en débattre mais c’est hélas alimenter des sujets que nous devrions étouffer dans l’oeufs. Leur donner de l’importance, c’est les cultiver et prendre le risque de leur donner de l’importance.
    Bravo à vous pour ce texte tellement réel qu’il s’adresse à chaque situation difficile.

  50. Très émue à la lecture de ce texte ce matin….merci pour les mots simples, justes et sincères.
    Notre force face à ces « barbares » est de rester ouverts aux autres, de ne pas céder à la haine et d’ éduquer nos enfants dans la tolérance, le respect et l’ouverture.
    merci

  51. Cher Monsieur Wera
    Journaliste en retraite active (comme on dit maintenant), je suis en route vers ma 73 ème année, je puis vous dire que dans ma spécialisation (faits-divers et judiciaire pendant près de 30 ans) et ensuite (10 ans) dans la relation de la vie des quartiers à Liège, des orages, voire des tempêtes, j’en ai connu beaucoup. Dans ma vie privée également. Mais ce n’est pas ce qui compte.
    Tout ce que vous écrivez dans votre « Après l’orage » est vrai. Je l’ai vérifié et vécu tout au long de ces années . C’est cette philosophie (votre philosophie et également la mienne) qui a permis que je tienne le coup. Nombre de mes consœurs et confrères de mon âge, n’ont pas eu cette chance.
    Alors je vous remercie pour ce texte sublime. Merci pour les victimes et surtout celles et ceux qui sont passés dans cet « orage ». Je crois que s’ils ont lu votre billet, ils seront un peu réconfortés et c’est déjà beaucoup…
    Aussi, je me suis permis pour qu’encore un plus grand nombre de personnes lise votre texte magnifique (je n’aime pas trop les compliments car ça ne coûte rien, mais dans votre cas ce serait inqualifiable de ne pas le qualifier), de vous retranscrire tel quel, dans le petit journal sur Internet (Proxi-Liège) que j’approvisionne depuis 18 ans.
    J’ose espérer que vous ne m’en tiendrez pas rigueur. En vous réitérant tous mes remerciements pour cet instant de pur bonheur.
    Chapeau bas Monsieur le professeur.

    1. Merci Mr Lecocq d’avoir retranscrit le texte dans Proxi-Liège car ce texte est tellement porteur d’espoir et d’espérances … alors reprenons tout … après l’orage.

  52. Merci Monsieur pour toutes ces paroles émouvantes et Enrichissantes, tous ne trouvent pas les mots justes dans de pareilles cas et ne savant pas les exprimer. Mais vous avez pu le faire pour cela je vous dit MERCI . Moi je ne sais que prier pour les familles et pour ce jeune homme et les deux mamans repose en Paix. Josée

  53.  » On peut tout faire avec les mots , y compris de belles histoires , pourquoi est-ce si compliqué dans la vie ? « . Marc Lévy

  54. Votre écrit, puissant de vie et d’espoir fait du bien. Ces mots juxtaposés dans un esprit de bienveillance, apporte du réconfort, en voici la preuve. Merci.

  55. merveilleux texte porteur d’espoir et de d’espérance … Roseau plutôt que chêne. Je vais suivre vos écrits et continuer ce que j’ai fais directement … après l’orage

  56. Bonjour,

    J étais loin ce jour-là. L orage nous a épargnés ….. cette fois …. et pourtant, encore et encore, je me sui remise à jardiner pour soigner les jeunes et moins jeunes pousses qui se laissent envahir par le liseron , pour semer de nouveaux plants, forts, résistants aux orages de grêle, tropicaux ou autres …. Mon jardin me nourrit . J’y travaille jour après jour, espérant inspirer d autres jardiniers qui à leur tour se mettront à semer de leur côté.
    Aujourd’hui, votre texte m’a réconfortée. Les jardiniers existent bel et bien, souvent discrets et dépassés par la tâche mais ils travaillent dur pour embellir leur jardin ……
    Merci

  57. Votre texte vaut tellement plus que tous ces commentaires à sensation des médias. Ouf! Vous êtes vraiment vivant vous au moins… Merci de mettre votre don aux services de tous aujourd’hui!

  58. Bientôt 28 et 25 ans que j’ai semé deux graines. Elles ont frôlé quelques mauvaises herbes, bataillé contre quelques arbres, résisté à quelques insecticides et autres pesticides, rencontré quelques jardiniers intéressants. Elles ont, à ce jour, la chance de n’avoir jamais reçu l’herbicide total !
    Tel un « tube », votre texte tourne en boucle dans ma tête, entraînant de nombreux échanges et réflexions. Un tout grand merci, cher Tanguy, de l’avoir partagé.

  59. Je n’ai pas votre prose, mais… Après avoir été au coeur de l’orage, traversé trois nuits d’enfer, non! Il n’y a pas de rayon de soleil à l’horizon, seules de nouvelles piles de nouveaux drames dénonçant de nouveaux bourreaux apparaissent sur mon bureau… Pas de répit, ni de temps pour pleurer mes collègues, je me retrouve déjà pris dans d’autres foudres… certes c’est mon métier et ces tourments demeurent invisibles pour beaucoup. Cette fonction, je l’ai choisie et j’en suis fier. Mais derrière mon brassard se trouve aussi un être humain. …. Non après un orage, il n y a pas toujours une éclaircie et je suis convaincu qu’il n’y en aura jamais plus pour les proches des trois victimes.

    1. Monsieur,

      J’ai un profond respect pour votre fonction et le travail courageux que vous accomplissez au quotidien. Nous travaillons tous deux à construire une société meilleure, j’ai la chance de le faire du côté où les élèves m’apportent bien souvent des rayons de soleil, gage qu’il y a un espoir à garder en l’avenir. Vous oeuvrez à la même chose du côté où, au mieux, on se faufile entre les gouttes, vous avez pour cela toute mon admiration.

      Je ne pourrai pas vous convaincre mais je peux vous dire pour tout cela : merci.

      1. « Monsieur »…. Non « Eric » me suffit 🙂
        Certes mon message était le plus noir d’entre tous mais réflète notre réalité… Vous l’aurez probablement compris mais je suis spécifiquement au service des enfants… Et je vous rassure, si au quotidien « notre » ciel est toujours noir, je crois quand même en l’espoir si non il y a bien longtemps que j’aurais cessé. C’est juste que par rapport aux évènements de ce mardi, j’ai été troublé par le déséquilibre de tous ces messages d’espoir… si proche de tels malheurs… cela est trop tôt pour moi … je n’aurais probablement pas dû m’exprimer ici… pas maintenant en tout cas… mon intention n’était pas de couvrir votre ciel… Je me suis seulement abandonné à m’exprimer… La vie est un équilibre… en ce moment j’ai perdu le mien…. Sachez que vous êtes un homme bien et merci à vous pour votre support. Bon courage à vous aussi.

  60. Votre texte est très touchant. J’ai vécu ce moment à vos côtés mais dans un autre rôle. Votre sang froid à tous a permis aux élèves d’être éloignés le plus rapidement possible des lieux. Il est difficile de vivre apres l’orage … mais pour l’avoir vécu plusieurs fois, je vous affirme qu’après l’orage revient le soleil.

  61. Quelle magnifique plume ! Un beau message qui nous recentre sur l important dans nos vies et sur les futilités … Fière que Sarah ait bénéficié de vos talents ne serait ce qu une année …

  62. Merci pour ce texte rempli d esperance .il faut continuer le travail du jardinier pour rendre le monde meilleur et pour à nos enfants qui ont besoin de réconfort.
    Que la tolerancec triomphe et non le mépris.

  63. Bonsoir,

    Juste votre message est émouvant…
    Votre plume est magnifique.
    Je sais que c’est un peu incongru, mais j’aimerai savoir comment je peux améliorer mon écriture, pour pouvoir écrire comme vous.
    Sachant que J’ai 22 ans, j’espère que ça n’est pas trop tard pour une adulte.

    Bonne journée.

    1. Il n’est jamais trop tard!

      Un seul conseil : connaitre ses défauts et veiller à toujours aller à contresens de la pente vers laquelle ils nous entrainent. Je sais par exemple que j’ai eu (j’ai toujours) tendance à faire de trop longues phrases : on coupe! Ne jamais être complaisant avec soi-même. Ne jamais se dire qu’on ne peut pas toucher parce qu’on a écrit un soir où on était inspiré. L’écriture est un matériau qui se retravaille. Ne jamais oublier les mots de Boileau :

      Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.

      Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
      Et les mots pour le dire arrivent aisément.

      Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
      Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
      Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
      Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

  64. Je vais faire une intrusion bizarre, malgré la beauté de votre texte. Peut-être aussi grâce à son réalisme. La réalité de l’enfant, l’innocence.

    Le viol est un terrorisme mondial mais il n’y a ni marche blanche (sauf en cas de décès), ni « je suis la Femme », ni « plus jamais ça ». Il se maintient dans le fait divers et, évidemment, la peur ne touche que la partie féminine de la civilisation, c’est à dire rien.
    Une femme violée vivra ad vitam la terreur, l’angoisse de la mauvaise rencontre au mauvais endroit, la phobie de la force masculine, recherchera ses pairs tout en les craignant, qu’ils soient bruns, blancs, barbus, rigolos ou lugubres.
    Je lis « Le lambeau » de Philippe Lançon, et cet avant, pendant et peut-être après existe chez toutes les femmes violées, partout dans le monde.
    On n’oublie jamais, on craint pour ses propres filles, on apprivoise la peur, on la maudit, en silence les années passent, après l’orage les fleurs repoussent sur le terrain vague tandis que des vagues d’effroi viennent régulièrement leur lécher le pied.
    Aux barbare et aux hommes qui nous apprennent à être solide et à voir, vraiment, la beauté de la vie.

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